Historique du studio
De la fondation au succès
Origine et création du studio

Dans le studio Topcraft

Panneau de présentation d'origine du studio
La fondation du Studio Ghibli est le fruit d'une amitié de longue date entre Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Les deux hommes se rencontrent sur leur lieu de travail, le studio d'animation Tôei Dôga qu'ils rejoignent respectivement en 1959 et 1963. Après avoir quitté le Tôei, ils continuent de collaborer dans un autre studio d'animation. Dans un contexte de développement de l'animation bon marché dans les années 70, les deux hommes rêvent de productions de qualité. Ainsi nait l'idée de fonder un studio d'animation indépendant.
Le point de départ véritable de la création du studio est d'adapter en animation le manga Nausicaä de la Vallée du Vent que Miyazaki publie sous forme de manga dans la revue Animage. Celui-ci choisit Takahata comme producteur du film. C'est finalement l'équipe du studio Topcraft qui va produire le film, société de Tôru Hara, ancien ami de la Tôei Dôga. Nausicaä de la Vallée du Vent n'est donc pas une œuvre faisant proprement partie du Studio Ghibli mais l'équipe de Topcraft est considérée comme le point de départ du studio.
Le succès que reçoit le film établit qu'il est possible de produire de l'animation de qualité pour le cinéma.
Le studio Topcraft ferme et se pose alors la question du financement du prochain film de Miyazaki. Le risque est pris : le financement du studio au sein d'une filière de Tokuma Shoten est accepté ! Yasuyoshi Tokuma, PDG de la branche éditions du groupe, en devient le président.
C'est Hayao Miyazaki qui propose le nom "Studio Ghibli", "Ghibli" désignant un vent chaud du désert que les pilotes italiens de la Seconde Guerre mondiale ont repris pour désigner leurs avions de reconnaissance. Par ce choix, Miyazaki, passionné d'aviation depuis l'enfance, a exprimé ainsi sa volonté d'imposer « un nouveau souffle à l'animation japonaise ». Ainsi, le studio nait en 1985.
Isao Takahata et Hayao Miyazaki, au milieu des années 70
Reconnaissance et premiers succès

Hayao Miyazaki travaillant sur Le château dans le ciel

Logo du Studio, incarné par le personnage de Totoro

Hayao Miyazaki dans les travaux de construction de l’actuel bâtiment principal du studio Ghibli
Le château dans le ciel sort en 1986, c'est le premier film sous l'appellation "Ghibli". Ce premier film est un succès et fait 775 000 entrées. Les bénéfices sont réinvestis dans la production de deux films : Mon voisin Totoro de Hayao Miyazaki et Le tombeau des lucioles de Isao Takahata. L'équipe du studio se partage sur les deux projets qui sortent simultanément en 1988. Le succès n'est pas immédiat mais les deux films participent à la construction de la réputation du sérieux et de la qualité du studio. Totoro, devenu un symbole grâce à la vente de produits dérivés à la suite de sa diffusion TV est adopté comme logo du studio.
Le première vrai succès national au box-office est la sortie en 1989 de Kiki, la petite sorcière réalisé par Hayao Miyazaki. Le studio est désormais capable de s'auto-financer et les recettes du film permettent d'embaucher dès novembre 1990 à temps plein une partie de l'équipe et de développer une section apprentissage qui accueille de nouveaux talents.
Toshio Suzuki, ancien rédacteur en chef du magazine Animage, rejoint définitivement le studio Ghibli en tant que producteur. Il devient ensuite président du studio quelques années plus tard.
Souvenirs goutte à goutte de Takahata est un second grand succès pour le studio en 1991 en obtenant la première place du box-office annuel. La même année les salaires sont doublés et un recrutement régulier est mis en place.
Le studio se remets immédiatement au travail pour créer Porco Rosso. Au même moment Miyazaki souhaite investir dans de nouveaux locaux pour les employés. Le président du studio Ghibli, Tôru Hara, refuse un tel projet et quitte le navire. En 1992, le chantier supervisé par Miyazaki est achevé en même temps que la réalisation du film qui est encore une fois un succès.
En 1993 le studio produit son unique téléfilm Je peux entendre l'océan, réalisé par Tomomi Mochozuki, premier réalisateur hors des deux fondateurs.
Les succès marquent chaque sortie Ghibli. En 1994, Pompoko de Takahata est à nouveau premier aux box-office. En parallèle, les techniques du studio s'améliorent : utilisation de séquences en images de synthèse dans Pompoko et utilisation croissante des ordinateurs pour faciliter la fluidité des animations et le rendu des reliefs dans Si tu tends l'oreille et le clip musical On your mark (1995) ainsi que Princesse Mononoké (1997).
L'accord Tokuma-Disney

Dessin humoristique de Tomkat, illustrant les craintes
des fans à l'annonce de l'accord Tokuma-Disney
Alors que le studio triomphe au Japon, de grandes compagnies internationales commencent à s'y intéresser de près comme la Warner et la Fox qui souhaitent distribuer les créations Ghibli aux Etats-Unis. Miyazaki et le président du studio Toshio Suzuki refusent de voir leurs œuvres remontées sur un rythme différent comme le souhaitent les compagnies.
Finalement, ils trouvent un accord en juillet 1996 avec Buena Vista Home Entertainement : Disney peut exploiter les films du studio dans le monde entier excepté l'Asie. Ainsi, peuvent être distribués à l'international en salles ou en vidéos les œuvres parues depuis déjà plusieurs années. Ce contrat ne remet pas en cause l'indépendance artistique du studio puisque Disney n'a aucun pouvoir d'intervention dans la réalisation des films, s'occupant exclusivement de leur distribution hors Asie.
Cependant l'annonce de l'accord secoue les fans qui s'inquiètent de l'avenir du studio. Ce contrat se mets en place au moment de la production de Princesse Mononoké, ce qui appuie ce projet puisque l'équipe pense que les bénéfices de l'exploitation japonaise seront insuffisants et souhaite par conséquent en faire une distribution internationale et vendre les droits de distribution des autres œuvres. Ce film rencontre un succès au-delà de toute espérance au Japon et est celui de la reconnaissance internationale, celui qui fera connaître le studio à l'étranger.
C'est le plus grand investissement de la firme dans la production d'un film étranger : à hauteur de 10% du budget de Mes voisins les Yamada et Le voyage de Chihiro.
Ce contrat s'est révélé très positif et a permis et permet encore au public occidental de découvrir les films du studio Ghibli sur grand écran mais aussi en vidéo.